Entrez dans les coulisses de la fabrication des basiques Coton vert ✂

Entrez dans les coulisses de la fabrication des basiques Coton vert ✂

Le saviez-vous ? đŸ€” Cette semaine, c'est la "Fashion Revolution week" : le moment parfait pour vous en dire plus sur la fabrication de vos basiques et des acteurs et actrices qui se "cachent" derriĂšre !

(Accrochez-vous, ce texte est - trĂšs - long)

Comme vous le savez sans doute, la fabrication est partagĂ©e entre le Bangladesh (lĂ  oĂč on soutient Ă©galement la jolie asso "Partenaires") pour la confection des basiques unis et la France (prĂšs de chez moi) pour les finitions.

Mais un peu de contexte d'abord...

Avant-mĂȘme de lancer le projet, je savais que je voulais une usine qui respecte Ă  la fois ses employĂ©-e-s et l'environnement. Je savais aussi que les gens qui suivaient et participaient Ă  la crĂ©a du projet (sur un groupe Facebook Ă  l'Ă©poque) souhaitaient des tarifs accessibles, car le prix Ă©tait souvent ce qui les freinait dans leur dĂ©marche d'aller vers une mode plus Ă©thique 🌿. Il fallait alors trouver un bon compromis... Ce compromis, je l'ai assez vite trouvĂ© en dĂ©couvrant l'entreprise française Biocoton, et Eric, le gĂ©rant.

Eric se charge de "sourcer" les usines qui répondent à nos valeurs/critÚres, d'aller sur place, de vérifier si tout est conforme, etc... (je vous avoue qu'étant seul sur ce projet, c'est un vrai gain de temps/praticité pour moi).

Il est trĂšs sensible Ă  l'humain lui aussi et donc si il constate que l'usine ne respecte pas ses engagements (humains/Ă©cologiques...) il met fin au partenariat.

" Bon ok, mais concrÚtement qu'elle est cette usine et comment travaillent les employé-es ? "

On y vient ! 😉

L'usine qui produit pour Eric (et donc pour nous), est située à Gazipur. Elle appartient à "Lithe Group".

C'est une ancienne usine familiale, qui a bien grandit depuis sa création, en 1993 (j'avoue que je préfÚre les usines à taille plus humaines, mais on verra plus bas qu'une grande usine a aussi des avantages).

👉 Les salaires moyens y sont de 120 dollars (quand le minimum au Bangladesh est de 90 dollars). Le salaire minimum pour les nouveaux/nouvelles est de 100 dollars pour les ouvriers/ouvriĂšres et de 165 dollars pour les opĂ©rateurs/trices. Ces salaires augmentent avec l'anciennetĂ© et des primes y sont Ă©galement ajoutĂ©es en fonction des rĂ©sultats de l'usine. En plus, une augmentation systĂ©matique de 5% est appliquĂ©e chaque annĂ©e.

C'est clair qu'à l'échelle de la France, ces chiffres peuvent paraßtre catastrophiques, mais là-bas, ce sont des salaires corrects et bien plus élevés que dans la plupart des usines du pays (je reviens sur ce point plus bas).

👉 Outre les salaires, la santĂ© est importante. LĂ -bas, le maximum hebdo est de 48h, avec un jour de congĂ© et des pauses. Ceci est scrupuleusement respectĂ© dans cette usine, ce qui est loin d'ĂȘtre le cas dans d'autres usines du Bangladesh...

Bien sûr, il n'y a aucun travail forcé ni d'enfants (ce qui existe encore malheureusement). L'usine est certifiée GOTS, ce qui assure le respect de toutes les conventions de l'Organisation Internationale du Travail (plus d'infos sur GOTS sur le blog Coton vert).

👉 Autre point capital, les infrastructures (rappelez-vous l'Ă©croulement du Rana Plaza...). Celles-ci sont modernes, l’usine est fiable et sĂ©curisĂ©e 👍. Bien loin de certaines usines insalubres et dangereuses qu’on a pu voir dans divers reportages tĂ©lĂ© (et qui existent vraiment).

 

 

Les employĂ©-e-s ont de la place pour circuler car l’usine est bien aĂ©rĂ©e (ils-elles ne sont pas Ă©touffĂ©-e-s/ entassĂ©-e-s les uns sur les autres comme dans certaines usines).

Un point qui dĂ©montre la satisfaction des employĂ©-e-s : ils-elles sont fidĂšles Ă  l’usine car il y a trĂšs peu de "turn-over" (beaucoup sont restĂ©-e-s depuis la fondation de l’usine, en 1993).

👉 Lorsque j'ai "visitĂ©" l'usine, j'ai parlĂ© Ă  5 employĂ©s. 3 femmes et 2 hommes. Toutes-tous sont globalement satisfait-e-s de leurs conditions de travail. MĂȘme si il-elles souhaiteraient un meilleur salaire, ils-elles restent car ils-elles ne pensent pas trouver mieux dans le pays et ils-elles sont "bien traitĂ©-e-s" comparĂ© Ă  d'autres endroits oĂč ils-elles ont dĂ©jĂ  travaillĂ©.

J'ai aussitÎt parlé au gérant de la question du salaire... Pour lui ce n'est pas si simple, mais il est confiant.

Il a d'abord tenu Ă  me rappeler que "l’usine peut fonctionner seulement si les employĂ©s sont heureux et en bonne santĂ©" (en vantant un peu ses rĂ©sultats et la santĂ© des employĂ©-e-s).

" Pour que les salaires soient encore plus Ă©thiques, il faut que les acheteurs payent un prix correct ".

Evidemment moi je lui ai rĂ©pondu que de mon cĂŽtĂ© je suis complĂštement prĂȘt Ă  payer plus cher pour que les employĂ©-e-s soient mieux rĂ©munĂ©rĂ©-e-s. Il l’entend mais tous ses clients ne raisonnent pas encore comme ça, malheureusement.

Il sait que tout n'est pas encore parfait dans son usine (et loin de l'ĂȘtre au Bangladesh en gĂ©nĂ©ral), mais il pense que les choses sont en bonne voie et s’amĂ©liorent beaucoup plus vite aujourd’hui qu’il y a quelques annĂ©es.

" Et l'écologie dans tout ça ? "

En plus d’une production sans produits toxiques nocifs (cf certification GOTS) et de l'utilisation du coton bio đŸŒ±, l’usine a un systĂšme de recyclage d’énergie et d'eau chaude dans ses locaux. Ce qui la classe parmi les pionniĂšres du pays 👍

" Et le transport ?? "

🚱 Pour le transport jusqu'en France, le bateau est utilisĂ© au dĂ©triment de l'avion. Les bateaux sont de gros containers (ils livrent pour plusieurs client-e-s, pas seulement Coton vert), ce qui permet de faire trĂšs peu d'aller-retours dans l'annĂ©e et de limiter ainsi l'empreinte carbone.

" Ok. Parle-nous des finitions maintenant Benjamin ! "

Avec ce projet, je souhaitais aussi soutenir le commerce local, et notamment celui de chez moi.

👉 Quand les basiques unis arrivent en France. Ils prennent donc la direction de Rennes (oĂč j'habite) et plus prĂ©cisĂ©ment de "Maison Couture" (photo ci-dessous), oĂč se trouve ma couturiĂšre Le Trang, qui me coud vos Ă©tiquettes (ça n'a l'air de rien, mais c'est un sacrĂ© boulot !).

 

 

👉 Je vais ensuite les chercher et les apporter Ă  Myriam (de "BrodĂ© pour vous"; photo ci-dessous), Ă  Montgermont (tout prĂšs de Rennes). Myriam rĂ©alise toutes les broderies (lĂ  aussi, c'est un procĂ©dĂ© qui prend du temps).

 

 

Dans les 2 cas, il s'agit d'indépendantes, qui travaillent seules, comme moi. C'était important pour moi de m'associer avec elles, plutÎt qu'avec une grosse boßte de la région (malgré des prix sans doute plus intéressants).

" Et toi, tu en penses quoi de tout ça ? "

CĂŽtĂ© Bangladesh : 👉 De mon cĂŽtĂ©, j'avoue que je souhaiterais que les salaires des employĂ©-e-s soient encore plus Ă©levĂ©s. Et d'un autre cĂŽtĂ© je suis soulagĂ© de savoir que la production est sans risque et bien plus humaine que dans la plupart des usines du Bangladesh. Aussi, cette usine (et grĂące Ă  Biocoton), me permet de produire peu, c'est Ă  dire que je n'ai plus de minimum de piĂšces Ă  commander (enfin ça dĂ©pend des articles, mais globalement). Et ça c'est quelque chose de trĂšs rare dans l'industrie textile, et qui colle bien Ă  mon souhait de ne pas "surproduire", et au vĂŽtre de ne pas "surconsommer". Bref, je suis heureux de participer (Ă  ma p'tite Ă©chelle) Ă  l'amĂ©lioration des pratiques au Bangla, mais j'espĂšre que l'usine va continuer ses efforts (notamment au niveau des salaires = je vais suivre ça de prĂšs) ! J'ai aussi une attache particuliĂšre Ă  ce pays, de part mon (notre) soutien Ă  l'association "Partenaires" (qui vient en aide aux enfants des rues de Dacca) et mes 2 semaines vĂ©cues au foyer avec eux.

CĂŽtĂ© finitions : 👉 Je suis fier de soutenir (lĂ  encore Ă  ma mini Ă©chelle) le commerce local. J'ai aussi de bons rapports avec Le Trang et Myriam (qui n'aime pas trop se montrer en photo, cf photo de dos 😊), mais je vous avoue que niveau logistique, ce n'est pas le plus simple pour moi d'ĂȘtre ballottĂ© entre les 2 ateliers. J'ai peut-ĂȘtre trouvĂ© une solution pour la suite, je vous en dirai plus si ça se concrĂ©tise...

Pour aller plus loin...

Vous trouverez sur le site d'autres infos sur la fabrication Coton vert (entre autres, la culture du coton bio/ Pourquoi cette matiĂšre ? / Pourquoi pas une prod' 100% made in France ? ...)

Direction cette page pour en savoir plus 😉

Et vous ?

VoilĂ  pour ce long texte, mais important pour moi et je l'espĂšre, important pour vous ?

Dites-moi ce que vous pensez de tout ça. Ce projet est collaboratif depuis les débuts alors votre avis est primordial pour moi...

Vous pouvez m'Ă©crire un commentaire ici (si vous ĂȘtes membre) ou sur mes publications Instagram et Facebook dĂ©diĂ©es (toutes deux postĂ©es aujourd'hui 24 avril Ă  18h) ou encore m'envoyer un mail Ă  cotonvert@outlook.fr.

Je me tiens Ă  votre dispo' pour Ă©changer avec vous sur ce sujet fondamental du projet 🙂 Benjamin

 

Ça peut vous intĂ©resser...

- D'autres infos sur la production Coton vert (notamment sur la culture du coton bio et pourquoi le choix de cette matiĂšre, sur pourquoi pas un projet 100% made in France...)

- Quelles garanties offrent le label GOTS ?

- Zoom sur la face cachée du textile

- L'engagement de Coton vert auprĂšs de l'ONG "Partenaires" (qui vient en aide aux enfants des rues de Dacca)

Et pour dĂ©couvrir mes basiques bio & solidaires, c'est par ici 🙂


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